Sans rien ni personne
de Marie Laberge

critiqué par FranBlan, le 6 janvier 2012
(Montréal, Québec - 81 ans)


La note:  étoiles
Une romancière populaire...
Marie Laberge est une auteure populaire au Québec; elle a écrit pour le théâtre et ses romans se sont mérité plusieurs récompenses de popularité…; cette femme est très sympathique, elle est gracieuse, élégante, dynamique, intelligente et enjouée, son écriture lui ressemble!
Passons au contenu; Marie Laberge s’attaque cette fois-ci au polar, en ce qui me concerne cette auteure peut privilégier n’importe quel genre, son but premier demeure de séduire ou plutôt de plaire à une majorité de lecteurs, pourquoi pas, cela est son droit le plus strict.
Pour ce qui est de mon appréciation personnelle, celle-ci est mitigée;
J’ai souligné précédemment la qualité de l’écriture, ce qui rend celle-ci agréable à lire, mais toutes les concessions à la séduction du lecteur sont énormes et navrantes…
Pour ce premier polar l’auteure a imaginé l’élucidation tardive d’un crime non résolu à son époque; sur le point de mourir, un Parisien demande que soit réactivée l’enquête sur le meurtre sordide de sa fille et du bébé de celle-ci, survenu 35 ans plus tôt à Montréal. Le commissaire Patrice Durand est donc envoyé outre-Atlantique, où il doit faire équipe avec l’inspectrice Vicky Barbeau, de la Sûreté du Québec.
Ensemble, ils chercheront des indices, des témoins, des pistes, de Montréal aux îles de la Madeleine, en passant par le Bas-Saint-Laurent et Saint-Pierre-et-Miquelon.
L'affaire se révèle beaucoup plus compliquée qu'il n'y paraît. En plus, deux méthodes de travail, deux cultures, voire deux langues qui s'entrechoquent… Sans rien ni personne aborde des thèmes difficiles, comme la prostitution, la pédophilie et même l'infanticide, si le lecteur finit par s’attacher aux personnages convaincants de la romancière, le suspense est inexistant, très tôt la conclusion s’impose et l’intrigue, même si bien développée, est tout de même étirée aux limites du tolérable, le tout truffé d’émotions superficielles…
En somme, du Harlequin haut de gamme et ceci dit sans aucun mépris.
Une parturiente éventrée 4 étoiles

Pourquoi a-t-on charcuté à Montréal, en 1972, la Française Isabelle Bonnefoi lors de son accouchement ? En 2007, le dossier est rouvert à la demande de son père agonisant. Un commissaire de l'Hexagone reprend l'enquête avec une collègue de la Sûreté du Québec.

Commence alors un périple qui les emmène de Montréal aux Îles-Saint-Pierre-et-Miquelon. Même si le lecteur se balade en plein cœur de paradis touristiques, la spatialité est presque indifférente au déroulement de la trame inspirée du sadisme de l’éventrement. Le polar se limite à la conversation des deux enquêteurs. Ils discutent ou plutôt se disputent à propos des éléments pouvant conduire à l’assassin de la parturiente, trucidée par ailleurs pour un motif fort peu crédible.

Cette histoire sans originalité est d'un ennui mortel. Pour soutenir l'intérêt, l'auteure a misé sur la pathologie du meurtrier, mais il est identifiable dès le début. Les cent premières pages se lisent tout de même avec un certain plaisir. L'écriture y est alerte, voire humoristique, mais la suite crée de la lassitude. La plume s'alourdit, et l'humour, basé uniquement sur la distinction des accents et des expressions vernaculaires, n'accroche plus « pantoute » (pas du tout) de rictus aux lèvres. Il ne faut pas être un phénix pour savoir que notre langage se distingue du ramage de nos cousins.

Libris québécis - Montréal - 81 ans - 6 janvier 2012