Les Tours de Bois-Maury, tome 12 : Rodrigo
de Yves H. (Scénario), Hermann (Dessin)

critiqué par CC.RIDER, le 17 novembre 2011
( - 66 ans)


La note:  étoiles
Quelques facilités...
Dans la région de Tolède, vers 1325, la famille de la Vega est déchirée entre deux frères, Don Joaquin, l'aîné et Don Esteban, le cadet, qui se disputent l'héritage de leur père. Sur son lit de mort, celui-ci a souhaité que son fief revienne à celui de ses fils qui aurait un enfant mâle, ce qui est le cas pour Joaquin qui satisfait apparemment aux critères en la personne du jeune Rodrigo. Mais lorsque Esteban provoque et tue son meilleur ami, Joaquin décide de faire abstraction de son très mauvais état physique et d'aller avec son fils et une petite troupe affronter l'armée maure de Rachid Al-Mu'ayyad sous les murs de Grenade. Entre temps, Rodrigo, qui se pose beaucoup de question sur ses origines, interroge son entourage. D'étranges cauchemars hantent ses nuits. Est-il vraiment le fils de son père ? Esteban est-il un félon ou la victime d'un complot ?
Ce douzième tome de la célèbre saga moyenâgeuse (en réalité le second du deuxième cycle, celui des descendants du premier Aymar de Bois-Maury) est le premier a avoir été concocté à quatre mains et à avoir bénéficié du travail d'un scénariste, un certain Yves H. Est-ce vraiment un plus ? Certes, l'intrigue est moins sommaire, plus travaillée et plus subtile que dans les autres épisodes. Il y a plus de rebondissements et de fausses pistes. Le lecteur devra se montrer indulgent pour pouvoir adhérer à cette histoire sans trop se soucier des problèmes d'anachronisme, de vraisemblance et de cohérence avec l'épisode précédent, et apprécier cette sombre affaire d'enfant français perdu et adopté au fin fond de l'Espagne en pleine Reconquista un tantinet caricaturale. Une fois encore, Hermann a opté pour une vision cruelle, manichéenne et glauque assez éloignée de d'une réalité historique qui dut se situer entre les deux. En effet, les Maures sont présentés sous le meilleur aspect possible c'est à dire tolérants, porteurs de civilisation et d'idées nouvelles alors que les chevaliers espagnols ne sont que de sombres brutes violentes, incultes, fourbes et sans panache. Sur le plan du graphisme, cet album est très réussi, ce qui rachète ses faiblesses.