Les fraises de la mère d'Anton
de Katharina Hacker

critiqué par Elya, le 25 octobre 2011
(Savoie - 34 ans)


La note:  étoiles
Ces fraises laissent un goût d'amertume
J'ai tendance à être moins déçue par la littérature étrangère, puisque les livres qui en sont issus ont été sélectionné deux fois, une première fois pour la première édition, et une seconde pour la traduction.
Ce roman est loin d'être abject, mais franchement, pourquoi l'avoir traduit ? On flirte presque avec le roman du terroir, puis qu'Anton, médecin quadragénaire, enchaîne les allers-retours entre Berlin où il travaille et une petite ville de banlieue, dans laquelle il a grandi. Ses parents y vivent encore, et tous deux sombrent peu à peu dans la démence, alternant avec des moments de lucidité qui les plongent dans l'effroi. De retour dans cette maison d'enfance, les souvenirs resurgissent, et constituent une bonne partie du livre. Quelques personnages gravitent autour d'Anton, qui se sent pourtant très seul, sans enfant comme aiment le rabâcher beaucoup de personnes de son entourage. Il vient d'enfin redécouvrir l'amour, avec une femme au passé ténébreux et qui lui apportera quelques étranges soucis. A partir de l'apparition de ces soucis, j'ai d'ailleurs bien décroché, on tombe presque dans le burlesque.

Pourquoi ne pas avoir accordé plus de temps à la description des états physiques et psychiques de ce couple vieillissant, à la détresse que l'on peut ressentir en tant qu'enfant lorsque nos parents se dégradent peu à peu, sans aucun espoir de réémission ? Cela aurait été plus plaisant que de s'attarder sur ces histoires saugrenues de poursuite et vengeance.