Les Ailes de plomb, tome 2 : Le Vol du balbuzard
de Christophe Gibelin (Scénario), Nicolas Barral (Dessin)

critiqué par Jean Loup, le 10 juillet 2002
(Vaulx en Velin - 49 ans)


La note:  étoiles
Un scénario plombé
"Le vol du balbuzard" est le deuxième volet de la série "Les Ailes de plomb", lancée chez Delcourt par Barral et Gibelin. Pour ceux qui auraient raté le début du cycle, il s'agit d'un polar dans la France de 1958 (année où De Gaulle revient au pouvoir et instaure la Ve République), plutôt dans le genre espionnage qu'enquête policière. Le jeune Patrick Plomb se retrouve mêlé à une étrange histoire quand il tombe amoureux de la séduisante Valérie Merle : la jeune femme est pourchassée par des inconnus qui veulent récupérer un objet qu'elle a en sa possession. Et les inconnus en question ne sont pas du genre à faire dans la dentelle...
Le premier tome ne m'avait vraiment pas convaincu. Celui-ci est du même acabit. Le dessin de Barral est affreusement anodin, ça manque vraiment de style et la mise en couleurs par Gibelin n'arrange rien à l'affaire. Il y a bien quelques tentatives pour avoir un découpage un brin élaboré (un paysage découpé en trois cases, comme en planche 25) mais elles ne suffisent pas à donner de la personnalité à l'album. Côté scénario, on s'y perd moins que dans le précédent mais on n'accroche pas davantage au récit. De Gaulle est peut-être plus ou moins lié à tout ce ramdam, mais on ne voit pas bien ce qui pousse tout ce joli monde à se déchirer pour récupérer un boîtier permettant apparemment de diriger à distance un nouvel avion. De même, pourquoi l'un des ravisseurs de Patrick tient-il à lui révéler le nom du vilain Courpatas ? Aucune idée, en dehors d'un accrochage entre les bandits qui ne justifie pas cette scène. L'ensemble de l'histoire est assez creux et se lit d'un oeil distrait.
En clair, ce n'est pas avec ces ailes-là que vous atteindrez le septième ciel des bédéphiles.