Kidnappings, 25 rendez-vous avec l'angoisse
de Pierre Bellemare

critiqué par Marion F, le 19 juin 2011
(Lyon 8ème - 33 ans)


La note:  étoiles
Enlèvement : n.m. Action d'enlever quelqu'un par la force ou dans une fugue amoureuse ; rapt, kidnapping : L'enlèvement d'un otage. [Larousse]
Vacances faisant je commence à exploiter ma pile de bouquins à lire. Celui que je viens de finir et que j'ai mis étonnamment beaucoup de temps à lire (un jeune monsieur pourra vous le confirmer) c'est lui.

Un Bellemare?! Oui un Bellemare (et Jean-François Nahmias). Moi Marion F. j'ai mis plus d'un mois pour finir un Bellemare. Non mais j'ai un ersatz d'embryon d'excuse, partiels, piscine, Hendaye, tout ça. C'est pas valable? Non? J'aurai essayé.

Dans tous ses bouquins il y a un juste dosage entre les faits concernant des gens connus et ceux qui touchent des anonymes, mais pas ici.
De mémoire, sur les "25 rendez-vous avec l'angoisse" au moins 13 sont célèbres (L'enlèvement amoureux, L'affaire Ben Barka, Un cauchemar d'écrivain, L'affaire Finaly, La prison de sable, Une ténébreuse affaire, Les fossés de Vincennes, Le premier enlèvement, La dévote et le libertin, Les otages du Liban (pour le coup j'ai eu peur qu'on ait droit à celui d'Ingrid Betancourt), Les généraux et le rossignol, Un enlèvement peut en cacher un autre, Les disparues de l'Yonne) et ont été malheureusement traités différemment des autres. Dans les histoires déjà connues (ou alors impliquant des personnes de notoriété) l'accent est mis sur les protagonistes et non sur les faits, c'en est vite lassant. Néanmoins pour ceux qui n'ont pas de culture générale dans le domaine des enlèvements (dis comme ça je vais passer pour une sadique psychopathe) vous pouvez vous jeter à l'eau car certains faits sont récents ou peuvent vous faire briller en société.
Et concernant les autres une seule s'inscrit vraiment dans la "norme" des Bellemare, Un joli cercueil (dans un sens il est préférable qu'il n'y est qu'une affaire telle que celle là). C'est vraiment la seule qui m'ait angoissée.
Les généraux et le rossignol m’embête beaucoup, notamment concernant la sur-utilisation des surnoms de Nadia Vinnikova et l'envolée lyrique de la dernière phrase "Au fond, le rossignol de Koursk ne demandait qu'une chose : chanter, mais il a eu le malheur de vivre dans une époque divisée, déchirée, où le bruit des balles et des bombes empêchait d'entendre le chant des oiseaux.".

C'est subsidiaire mais assez gênant. Page 267 de l'édition de France Loisirs, L'oreille coupée, "Les journaux font leur une sur l’événement, pratiquement le premier en France, d'où une très vive émotion. C'est d'ailleurs si nouveau que la presse et les commentateurs n'emploient pas encore le mot «enlèvement» mais «kidnapping», le terme américain créé lors du rapt du fils Lindbergh, en 1932.". Bellemare et Nahmias titrent avec "Kidnappings", en gros, en jaune. Nous aurions été en 1960, d'accord, en 2011, quand les auteurs eux-mêmes relèvent l’anglicisme, c'est dérangeant.


Une note sur 5 ☆ ? ★★★☆☆