Il faut bien préciser que la première édition est sortie en 1997 et donc que le livre a été écrit dans le milieu des années 1990, années où la France faisait encore des essais nucléaires dans le Pacifique (le dernier date de 1996). Année où également se décide des distributions préventives individuelles de comprimés d'iode stable aux populations vivants autour des installations nucléaires. De plus le choix de sortie en 1997 n’est pas neutre car cette année marque le vingtième anniversaire de la manifestation anti-nucléaire de Creys-Malville. Il s’agit dans ce roman pour la jeunesse de sensibiliser les jeunes au combat contre la construction de centrales nucléaires et ce motif est très nouveau dans ces années-là en matière de littérature de jeunesse. Ici l’action se déroule autour du cours de la Garonne. En cinquième Serge Delmas est l’ami d’une nouvelle arrivée dont le père est un peintre qui milite pour le refus de la construction d’une centrale nucléaire. Cette dernière Marine est chargée d’aller voler les registres de consultation de la population dans une mairie, ce qui retardera les opérations de mise en chantier. Le père de Marine est à l’origine de cette idée, il collabore au journal anti-nucléaire en fournissant les illustrations. Les deux personnages principaux appartiennent à des familles aux caractéristiques totalement différentes : artiste, parisien, anti-nucléaire dans un cas et dans l’autre rural et favorable à la centrale (censée apporter des emplois). Depuis 1997 ce sont progressivement certains milieux paysans qui sont en pointe dans le domaine écologique, aussi cette situation qui permet le développement d’une intrigue conséquente nous semble aujourd’hui un peu trop caricaturale. Après quelques aventures qui apportent la dose nécessaire d’actions pour soutenir l’intérêt d’un jeune lecteur, les deux enfants sont séparés l'un de l'autre. Avec des chapitres de dix pages centrés sur un épisode particulier, le livre devrait être terminé par des jeunes de 11 à 14 ans. Les illustrations reprennent le contenu du texte soit par la représentation d’une scène, soit d’un objet symbolisant une action. Ainsi le simple dessin d’une théière renvoie au fait que Marine offre du thé à Serge la première fois qu’il vient chez elle.
JulesRomans - Nantes - 66 ans - 25 août 2012 |