La Mémoire dans les poches - deuxième partie
de Luc Brunschwig (Scénario), Étienne Le Roux (Dessin)

critiqué par Bluewitch, le 12 mars 2011
(Charleroi - 43 ans)


La note:  étoiles
Les petits papiers de nos vies
Cela fait trois ans que Sidoine a disparu. Dans le premier tome de la "Mémoire dans les poches", il nous livrait sa vie par morceaux, par notes de souvenirs. Le bébé d’une immigrée clandestine dans les bras, il racontait son histoire, celle de sa famille, de Rosalie, son épouse, et Laurent, son fils sous le joug d’une mère possessive.

Aujourd’hui, Laurent est devenu auteur d’un roman inspiré de son travail au sein d’un centre pour immigrés. Il cherche encore à comprendre pourquoi et où son père a pu disparaître. Pourquoi sa mère ne souhaite pas tant que ça revoir son mari. Au fond, il cherche à savoir qui était vraiment Sidoine Letignal. Et peut-être mieux se comprendre lui-même.

Quête de soi, quête du père, Laurent va et vient de témoignages en voyages. De conversations en souvenirs. Il se découvre, ses propres failles, ses propres valeurs, ses propres lâchetés, ses propres désirs, en même temps qu’il refait le chemin de ce paternel à la fois si proche et si éloigné. Le père absent d’aujourd’hui se confronte au père faible et en retrait d’autrefois. Mais l’identité reste floue, les questions naissent quand d’autres trouvent un semblant de réponse. Et le miroir dans lequel Laurent se reflète est parfois difficile à regarder…

Ce tome est, plus encore que le premier, une plongée dans les méandres des relations familiales pathologiques. Où l’amour est maladroit, les non-dits nombreux, les attentes malsaines. Où se dévoilent les petites manipulations larvées liées à la peur d’être abandonné, incompris.

Un scenario très intéressant, même s’il n’évite pas certaines longueurs. On attend la suite, quelque chose, une fin qui rassemblera ce qui doit l’être, qui mènera là où il faut sur le chemin initiatique de l’évolution dans les relations humaines.

Quant au dessin et aux couleurs, ils correspondent finalement assez justement à ce naturel, ce quotidien de l’humanité, ce sens de la banalité exceptionnelle et colorée dont nous faisons tous un peu partie.