Juste une petite nouvelle, présentée dans un joli petit livre, qui évoque la rencontre entre Ludovic le More, au temps des Sforza à Milan, et Léonard de Vinci, lorsque le premier commande au second une fresque pour décorer le réfectoire de Sainte-Marie-des-Grâces. Léonard choisit le thème qui s’impose : la Cène qui symbolise si bien le repas, la communion avec Dieu. Mais, le peintre veut dépasser le sacré pour plonger au cœur de l’être humain et débusquer dans le profane le bien et le mal qui se nichent au fond de chacun pour suggérer ce qui ne peut-être montré. « Leurs gestes et leurs yeux disent ce qu’ils sont ». Le More ne comprend pas les desseins du peintre qui est contraint de lui donner les clefs de son œuvre et lui ouvrir les yeux sur la façon dont il conçoit l’humanité.
Encore la preuve qu’un texte court peut dire beaucoup quand il est écrit, comme celui-ci, avec une grande sobriété et une grande pureté. Une épure et une belle méditation sur l’être humain qui n’est pas toujours celui qu’on voit car « nul, dans la vie, n’est égal à la somme de ses apparences. »
Débézed - Besançon - 77 ans - 11 avril 2011 |