L'épouvantail
de Ronald Hugh Morrieson

critiqué par Clubber14, le 18 novembre 2010
(Paris - 44 ans)


La note:  étoiles
Vraiment édifiant pour un premier roman !!!!
Présentation de l'éditeur :

C'est au cours de la même semaine que nos poules furent volées et que Daphné Moran eut la gorge tranchée. "Ainsi commence le chapitre le plus sombre de l'histoire de Klynham. Dans la Nouvelle-Zélande des années trente, cette petite ville paraît couler des jours paisibles. Jusqu'à l'arrivée de l'épouvantail, un géant, un magicien, qui se lie bientôt avec le croque-mort alcoolique et libidineux. Pour le narrateur, Neddy, quatorze ans, cet étranger est fascinant, presque autant que les jambes de sa voisine lorsqu'elle passe devant chez lui à bicyclette. La présence de ce mystérieux personnage va s'accompagner d'une série d'évènements dramatiques- morts suspectes, disparitions, incendies- qui vont bouleverser la vie de Klynham.

Mon avis :

Tout d'abord il faut savoir que cet auteur (néo-zélandais) resta inconnu très longtemps du grand public, il n'écrivit que sur le tard (à 40 ans il rédigeait son premier roman) et mourut jeune (à 50 ans). Il a écrit en tout 4 romans dont 2 ne furent même pas publiés de son vivant mais après sa mort. Je trouve que ce contexte se rapproche formidablement de celui de John Kennedy Toole qui fut complètement ignoré de son vivant et qui se donna la mort à 30 ans car se pensant un auteur raté (pourtant "la conjuration des imbéciles" reste pour moi une oeuvre majeure, de par la forme comme le fond). Ici, j'ai trouvé une certaine similitude dans le contexte mais également dans l'écriture. Une très belle plume, vraiment claire, précise, ensorceleuse, digne des plus grands auteurs professionnels et pourtant Morrieson gagnait extrêmement mal sa vie en tant que... professeur de musique.

Bref, le roman en lui-même m'a beaucoup plu. Il s'agit d'un roman à mi-chemin entre le policier et la science-fiction (un peu moins science fiction que Stephen King mais néanmoins avec certaines ressemblances dans l'écriture, également une petite ressemblance avec Jack Ketchum dans son "Cache-cache effroyable").

Les personnages ont une vraie personnalité, autant qu'ils sont. L'intrigue est prenante et j'ai attendu la fin avec cette pression que l'on peut avoir quand on lit un Ellory ou un Peace.

Un auteur à découvrir, un premier roman vraiment bien tourné.