En studio avec les Beatles : Les mémoires de leur ingénieur du son
de Geoff Emerick, Howard Massey

critiqué par Guy Liguili, le 22 décembre 2009
(Paris - 58 ans)


La note:  étoiles
Indispensable pour les fans des Beatles
Geoff Emerick est ingénieur du son (et producteur).
Il a eu la chance de faire ses débuts aux studios EMI (futurs studios Abbey Road) en même temps que les Beatles. Il a donc été assistant-ingénieur du son sur "Love Me Do" et les premiers albums des Beatles, puis ingénieur du son en poste à compter de "Revolver".
Il raconte tout : comment il a totalement bouleversé les règles de prise de son pour assouvir les géniales lubies des Beatles, dont il croque des portraits sans complaisance.
Paul McCartney est le musicien des Fab Four, il s'intéresse à toutes les nouveautés musicales, est capable de remplacer les autres au piano, à la guitare, à la batterie tout en étant capable de passer des heures à travailler ses parties de basse. Revers de la médaille, il est tyrannique avec les autres membres mais il est le plus diplomate des 4.
John Lennon est le génie caractériel, capable de vouloir qu'on l'enregistre pendu par les pieds et balancé à travers le studio pour voir ce que celà donne... et de ne plus y penser 1 heure après. Son égo est très fort (Une session d'album démarre toujours par une de ses chansons, quoique les autres en pensent) et il est capable d'être acide, voire méchant ou même totalement psychotique (sur le Double Blanc). Il a également la facheuse habitude (à partir du Double Blanc) d'imposer Yoko Ono, qui le suit partout et met une ambiance pourrie dans le studio.
George Harrison est plutôt effacé et pas très doué au début (ses solos sont souvent joués par Paul McCartney au bout de la xième prise ratée), puis s'affirme à compter du Double Blanc et surtout de "Abbey Road".
Ringo Starr est... on se demande ce qu'il est. La plupart du temps il lit des bandes dessinées ou joue aux Echecs avec un de leur roadie.

Geoff Emerick nous détaille les séances imaginatives de "Revolver" et "Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club Band", fouillies de "Magical Mystery Tour", totalement anarchiques et haineuses du "Double Blanc" (à tel point qu'il démissionne en plein milieu des sessions), puis apaisées mais absentes de "Abbey Road" (Les Beatles s'évitent soigneusement pour éviter de s'étriper comme sur le "Double Blanc" et les "Get Back Sessions").
Geoff Emerick nous parle ensuite de Apple Corps dont-il aménagea les studios, puis des sessions anarchiques de "Band On The Run" de Paul McCartney & Wings à Lagos (Nigéria).

Tout ceci écrit avec humour.

Passionnant, indispensable. A lire absolument.
Génial 10 étoiles

J'ai acheté ce livre en lisant la critique de Guy ci dessus-pas grand chose à ajouter si ce n'est qu'effectivement ce livre est passionnant parce qu'il éclaire d'un jour nouveau tous les morceaux mille fois entendus et dont on découvre la façon dont ils sont faits-parfois fulgurance créative et parfois travail de fourmi à façonner chaque accord..

Le must c'est de les écouter en lisant le chapitre correspondant.

Pour la forme, elle est super plaisante et on a du mal à lâcher le livre.

Si vous aimez les Beatles, ce livre est absolument pour vous.

Olivier-charly - Lyon - 54 ans - 25 avril 2010