Que SpaceCadet me pardonne, mais je la trouve bien sévère à l’égard des nouvelles de Ludmila Oulitskaïa quand elle écrit « ces portraits quoique bien constitués, ne sont toujours que des portraits, les textes ne vont nulle part et n’enseignent à proprement parler, rien ou très peu au lecteur. »
Certes, si l’on aime les nouvelles bâties sur le schéma narratif d’un roman avec des péripéties suivies d’un dénouement clair, on peut effectivement être déçu à propos de certaines d’entre elles. Plusieurs ne présentent pas de chute , le récit s’arrête, semble rester en suspens et peut alors ne pas satisfaire la curiosité du lecteur ; mais si, comme moi, on apprécie les nouvelles qui présentent une tranche de vie révélatrice d’un univers ou d’une personnalité , on est servi en lisant ce recueil…
Observatrice de la comédie humaine qui se joue à l’intérieur des familles , des relations qui s’établissent entre les différentes générations, Ludmila Oulitskaïa permet au lecteur de s’imprégner de leur quotidien . J’ai, pour ma part, trouvé beaucoup d’intérêt à la lecture de ces nouvelles,( et pourtant mon voyage à Moscou date d’environ 20 ans…..),rédigées dans une écriture de charme qui montre l’art de traiter de choses graves avec une certaine légéreté .
J’ai particulièrement goûté trois nouvelles : LA BETE, dans la tradition de Gogol, LA DAME DE PIQUE, pour sa galerie de personnages tranchés et LA SOUPE D’ORGE PELE qui relatant des souvenirs lointains de la narratrice , sait restituer la fraîcheur et la naïveté de l’enfance .
Alma - - - ans - 10 août 2010 |