Le goût de l'amour
de Sandrine Treiner

critiqué par Veneziano, le 24 août 2009
(Paris - 48 ans)


La note:  étoiles
Joies et douleurs, émois et pertes
Cette petite anthologie tient sa promesse de bouillonnement et évite la mièvrerie de fifille que la couverte fuchsia semble promettre. Le coup de foudre et l'amour interdit sont plusieurs angles. Les classiques y sont : Balzac, Anouilh et son Antigone, Nabokov et sa Lolita, Simone de Beauvoir, Mme de Lafayette et sa fameuse Princesse de Clèves, si chère à M. le Président Sarkozy, Stefan Zweig, des auteurs moins attendus ici comme Eric Rohmer, Roland Barthes et Pascal Bruckner, respectivement cinéaste, sémiologue et philosophe, et d'autres moins connus.
J'ai été un peu surpris, d'une part, par la faiblesse de la pagination, le thème pouvant inviter à la synthèse de la littérature entière, et, d'autre part, par l'absence de certains auteurs. Le premier écueil est largement compensé par des thèmes bien sentis, presque pas répétitifs. Le second permet de contourner celui de l'académisme, mais j'ai été quelque peu chagrin de ne pas trouver un extrait de Cyrano, d'une pièce de Racine et de Shakespeare. Je dois être un peu trop classique dans mes goûts. George Sand n'est pas non plus présente.
Et, à l'opposé, il n'y a presque pas d'eau-de-rose, comme je l'écrivais en prolégomènes. Tant mieux sans doute, mais c'en devient presque un manque à ce point-là, ce qui est probablement à mettre au crédit de cette anthologie.
Sur un tel thème, chacun a évidemment la sienne et celle-ci permet de se forger une idée sur celle qu'on érigerait, ce qui n'est déjà pas rien. On passe un bon moment.