Les pieds dans l'eau
de Benoît Duteurtre

critiqué par Bidoulet, le 2 janvier 2009
( - 56 ans)


La note:  étoiles
Aigre douceur
Benoît Duteurtre reste toujours ce fin observateur de la société. Il revient sur les terres de son enfance. Il retrace l'histoire de sa famille depuis l'élection à la présidence de la République de son arrière-grand-père, René Coty, jusqu'à la fin des années 1990. L'auteur décrit avec minutie la petite et grande bourgeoisie de la quatrière République agonisante, et plus particulièrement, la bourgeoisie parisienne qui l'été vient peupler Etretat, ses falaises, ses plages de galets, ses perissoires, son eau limpide et glaciale, et ses cabines de plages (Au Havre voisin, la grande cité ouvrière, on parle de cabanes de plages). La langue de Benoît Duteurtre est merveilleusement subtile et sublime. Ce roman est une petite gourmandise sucrée salée, un caramel au sel de mer, qu'on laisse fondre avec délice dans la bouche et dont on veut garder farouchement le goût sur le bout de la langue. Il témoigne d'une époque et d'un monde délicat et suranné qui a définitivement disparu.
Pas de mémoire sans mélancolie! 6 étoiles

J'ai pu apprécier le charme d'Etretat il y a quelques années. Or, ce lieu est vraiment le personnage principal de livre de souvenirs.
Il est vrai que Benoît Duteurtre possède une bonne plume ainsi que du coeur. Considéré comme roman, ce livre m'a plutôt touché comme livre de souvenirs d'une catégorie de personnages disparus .

La description de l'éducation au sein d'une famille catholique "de gauche" mais dont le héros est l'ancien président de la République René Coty, les rituels de ces familles bourgeoises fréquentant cette plage du Nord, les changements transformant ces populations au fil des années donnent, je cite l'auteur :" une forme délectable au temps qui passe".

L'auteur a habilement installé l'atmosphère début de siècle en évoquant Jacques Offenbach qui appréciait cette Normandie ainsi que Maupassant. L'évolution qu'il évoque pointe le suranné de ces temps là mais aussi les progrès et la vulgarité de la modernité.

J'ai beaucoup apprécié le chapitre traitant des joies de la natation comme les variations de couleurs de la mer du Nord .

C'est donc une réflexion plaisante sur le temps et la nostalgie.

Donatien - vilvorde - 81 ans - 15 février 2009