Le Styx
de Jacques Martin

critiqué par Hexagone, le 29 novembre 2008
( - 53 ans)


La note:  étoiles
Au milieu coule le fleuve de l'enfer.
Sublime,
Pas de contre temps au démarrage, le récit part sur les chapeaux de roues, les couleurs sont magnifiques, les décors somptueux.
Orion après avoir échappé à une tentative de meurtre part à la recherche de Hilona avec son sauveur. Ses pérégrinations vont le mener à la rencontre des hommes lions, créatures issues d’un accouplement contre nature entre un être humain et un lion. Des trahisons et des rebondissements jalonneront ce très bel album.
La mise en évidence de l'aspect léonin de Zorg est méticuleuse. On ne s'en aperçoit que petit à petit.
Les scènes de mise en ordre de combat des Spartiates et des Athéniens sont magnifiques.
Il ya la lecture au premier degré et puis celle plus fine. Car enfin ces hommes lions, ces monstres comme ils se définissent eux même, ont une histoire. Lykos, roi de Pylos a dû punir sa fille, qui fut abusée par le lion de Lykos. Ayant réussie à prendre la fuite celle-ci a engendré des hommes lions. On voit ici les ravages de la zoophilie poussée dans son extrême réflexion. Malgré tout les hommes lions auront l'abnégation de faire mourir leur race sans s'unir à des femelles de leur race.
On voit également les allégeances des hommes, les traîtrises, enfin comme souvent chez Martin l'amitié ne pourra être dénouée par l’infamie, et les deux principaux protagonistes partiront vers de nouvelles aventures.
Un grand plaisir de lecture bédé qui est déroutant par la nature extraordinaire de ces créatures, par ce mélange d’histoire et de science-fiction. Par le développement du thème de la bestialité, les sacrifices, la mort omniprésente et latente dans l'histoire de ces hommes lions. En un mot un coup de maître, encore une fois serai-je tenté de dire.