Le soliloque du roi Léopold
de Mark Twain

critiqué par Sahkti, le 9 avril 2008
(Genève - 50 ans)


La note:  étoiles
Le Congo belge
Début du XXe siècle, une campagne internationale fait rage, contre la gestion du Congo belge par le roi Léopold II. Plusieurs intellectuels et écrivains, comme Charles Péguy ou Arthur Conan Doyle, prennent position. Mark Twain fait de même en publiant ce pamphlet déguisé en satire humoristique.
Il donne la parole au roi, fou de rage devant les critiques dont il est l'objet et qu'il entend bien démonter les unes après les autres. Non, il ne détruit pas le Congo, au contraire, il le civilise... tout est dit!
Jean-Pierre Orban, qui a traduit le texte, en fait également la présentation, le replaçant dans le parcours littéraire de Mark Twain et dans son contexte historique.
C'est assez drôle, cruel aussi, par exemple lorsque le roi dénonce Kodak qui permet qu'on prennde des images de ses exactions. Cela semble surréaliste, or c'est tristement vrai. Que ce soit le travail forcé des indigènes tous sexes et tous âges confondus, ou le pillage impressionnant d'un pays.
Un texte à replacer évidemment dans son contexte pour l'appréhender avec un maximum d'objectivité, pour autant que cela soit possible. Mark Twain y déploie un style vif et enjoué qui prend possession d'une structure quelque peu désordonnée, sans doute à l'image de la colère qui animait l'homme de lettres: incontrôlable! Un livre qui ne m'a pas laissée indifférente, parce qu'au-delà de l'humour satirique, il y a la désolante vérité...