Quelque chose comme une parenthèse ensoleillée ; quelque chose qui, parmi les souvenirs d’enfance, pourrait passer pour du bonheur. Pour du bonheur s’il n’y avait pas la mère qui manque, pour Dora, la petite fille de dix ans dont on suit le parcours en cette fin d’été 1942, amenée par l’oncle Vlad à Sainte-Lucie, la propriété de Camillou, dans les Corbières. Sous la responsabilité tendre et bienveillante de ce faux grand-père, Dora retrouve là Jacques, un garçon de son âge, qui ne doit pas oublier qu’il s’« appelle Jacques, maintenant ». Tous deux, en attente d’un départ dont on parle peu – on sait juste que pour Dora et l’oncle Vlad, ce devrait être l’Espagne, quand ce sera possible –, vont partager les mêmes premières expériences, les mêmes jeux, les mêmes aventures et le Parc Sauvage à l’abandon, avec le Vieux Bassin, où ils pourront laisser le champ libre à leur imagination d’enfants. Ce serait du bonheur, sûrement, oui, s’il n’y avait pas cette attente, cette inquiétude dont on ne dit rien.
Parc Sauvage est un beau récit retenu, où les choses sont plus suggérées que dites. On devine la dimension autobiographique. Un bel épilogue, très sobre, cinquante ans après, ferme enfin la parenthèse au soleil, donne les dernières clés. Une manière de dire le prix du bonheur.
Feint - - 61 ans - 10 juin 2008 |