Canardo (Une enquête de l'inspecteur), tome 17 : Une bourgeoise fatale
de Sokal

critiqué par Shelton, le 3 mars 2008
(Chalon-sur-Saône - 68 ans)


La note:  étoiles
Réellement fatale, cette bourgeoise !!!
C’est toujours un plaisir, pour moi, que d’avoir en main le nouvel album de Benoît Sokal. J’aime beaucoup les enquêtes de Canardo, cet inspecteur hors-norme, qui ressemble actuellement aux privés les plus glauques des séries B américaines…
Dès la première planche de cette bourgeoise fatale, le lecteur est pris par cette narration graphique tonitruante de Sokal qui nous donne l’illusion d’un cinéma sur papier. Tout y est ! Le jeu avec les plans, la couleur, le rythme… Canardo est en planque, il surveille, photographie… L’objet de son attention : une femme fatale, une bourgeoise probablement, en train de se refaire une beauté… Mais la surprise arrive de l’ami fidèle de Canardo, un titulaire de la police, le fameux Garenni.
Garenni est en charge d’une affaire criminelle de haute volée : un criminel en série qui sévit dans la ville… Canardo, lui, surveille une femme volage à la demande du mari jaloux et candidat aux élections municipales… Heureusement, Canardo est un très bon ami et il accepte de donner un coup de main à Garenni…
Cet album est pour moi un très bon travail qui a donné au lecteur fidèle que je suis une tranche de plaisir avec quelques bons moments qui resteront longtemps en mémoire : le repas en famille chez les Dubonot, madame Dubonot dans la voiture de Canardo en femme hyper fatale, le dialogue de Canardo avec le remplaçant de Garenni envoyé à la circulation pour manque de résultat, la qualité et l’esprit du médecin légiste, enfin, la plongée démentielle de Canardo dans le décolleté de la pharmacienne…
L’histoire est assez simple mais comme il s’agit d’une enquête policière je ne peux pas vous en dire plus pour vous laisser le plaisir de la lecture.
Si certains parmi vous ne connaissent pas encore les enquêtes de l’inspecteur Canardo, sachez que l’on peut lire les albums sans se soucier des ordres de parution. Donc, on peut, tout à fait, commencer par cette Bourgeoise fatale. Canardo, comme le nom l’indique est un canard car dans cette série les personnages sont des animaux mais en quelques pages vous finissez par oublier cette zoomorphie pour plus voir que des personnages dans une histoire policière et humaine de grande qualité.
Finalement, Benoît Sokal utilise les animaux comme La Fontaine pour encore mieux montrer du doigt les tares et défauts des humains et ce n’est que du bonheur !!!
On ne peut que souhaiter que Sokal continue encore très longtemps à enchanter nos après-midi de lectures…