Eux
de Joyce Carol Oates

critiqué par CC.RIDER, le 16 novembre 2007
( - 64 ans)


La note:  étoiles
Catastrophique
L’histoire d’une famille de prolétaires américains de la région de Détroit principalement dans les années 50 et 60. Le personnage central est la mère, Loretta qui se mariera 4 fois et aura 4 enfants. Il y a également le père, Howard, flic renvoyé de la police pour fraude et devenu alcoolique avant de mourir accidentellement, le frère aîné, Jules, qui très jeune traîne dans les rues et fréquente la pègre, Maureen, qui presque sans le vouloir entame prématurément une existence de prostituée, sa petite sœur Betty, véritable petite peste et finalement Randolph le dernier bébé du dernier père. Cette « saga » familiale qui commence avec les grands parents dans les années trente et s’achève en 1967 par des émeutes raciales particulièrement violentes, aurait peut-être pu donner un grand livre s’il avait été écrit autrement par un vrai auteur. (Hugo, Zola, Dostoïevski et tant d’autres n’ont-ils pas déjà labouré les mêmes terres avec autrement de bonheur et de réussite?)
En effet, il n’y a pour moi que trois sortes de livres : ceux qui se dévorent, ceux qui intéressent ou amusent vaguement et ceux qui tombent des mains. « Eux », malheureusement, relève de la dernière catégorie. Mme Oates ne raconte pas, elle délaye, étale, tartine, se perd dans mille détails insignifiants et au bout du compte, lasse la patience du meilleur lecteur. L’histoire est d’une affligeante banalité et les personnages peu intéressants quand ils ne sont pas carrément antipathiques. Je m’étais déjà infligé la lecture de « Blonde » sur la vie (fantasmée) de Marylin Monroe et en étais sorti profondément déçu. « Eux » est presque pire. On peut faire un détour, on n’aura pas raté le chef d’œuvre du siècle !