La Mémoire dans les poches - première partie
de Luc Brunschwig (Scénario), Étienne Le Roux (Dessin)

critiqué par Bluewitch, le 10 avril 2007
(Charleroi - 43 ans)


La note:  étoiles
Laissez passer les petits papiers…
Un vieil homme suspect, un bébé dans les bras, et un chien audacieux. Drôle de vieil homme, qui, réfugié dans un café, cherche de quoi nourrir cet enfant qui ne semble pas vraiment être des siens. Eveillant la méfiance puis la curiosité des clients, il finit par se raconter, raconter sa femme, son fils, la belle photo familiale éclatée lorsque ce dernier a mis en évidence les vraies limites de la charité maternelle. Entrecoupée des propres souvenirs d’enfance (en décalage, ouvrant peut-être des portes vers le second tome) de Sidoine, notre vieil homme secret, son histoire révèle les relations tendues nées d’un amour possessif et fusionnel d’une mère (qui aide les jeunes en décrochage scolaire dans leur cité) envers son fils (qui commence à donner des cours d’alphabétisation), elle révèle le vrai sens de l’altruisme et les frontières entre don de soi et don tout court.
Alors que Sidoine est de plus en plus pressé de questions concernant le bébé, alors qu’il éparpille autour de lui ces mystérieux papiers sortis tout droit de ses poches et prothèses à sa mémoire fuyante, le récit se dessine, parfois avec certaines longueurs, parfois avec perspicacité, parfois avec maladresse.
Pas forcément bien menée ou crédible jusqu’au bout, il y a derrière cette histoire un peu décousue matière à une suite peut-être tournée vers ce passé de notre personnage, passé qui se devine mais demeure flou et intrigue.
Un dessin agréable mais sans plus, un fil conducteur parfois un peu trop enclin à faire des méandres, mais une lecture plaisante.
Drôle de titre 9 étoiles

Je viens de lire La mémoire dans les poches et c'est véritablement prenant. Le dessin d'Etienne Le Roux est superbe.
Et encore, je parle pas de la qualité éditoriale de cette bd (dessin, couverture). Très beau livre de 88 pages !
Luc Brunschwig joue, comme souvent dans ses scénarii, entre passé et présent d'un même personnage, en l'occurrence Sidoine, (et puis, après le bouquin de Rabaté, les "vieux " sont à l'honneur), figure emblématique de sa cité. (réminiscence de Le sourire du clown sans doute)

En sortant du carcan des 48CC, en mettant en avant des personnages communs, pas très beaux, aux caractères ambigus (voir le père et la mère de Laurent), Brunschwig et Le Roux signent là une oeuvre originale et émouvante.
Beaucoup de questions sans réponse dans ce premier volume notamment sur la petite enfance de Sidoine, pendant la guerre, enfance apparemment traumatisante qui sans doute guide ses actions dans cette première partie.

Ah ! J'oubliais :
En achetant cet album, je me suis demandé "quel drôle de titre !" Et au fur et à mesure de la lecture, lorsque l'on voit ce petit bonhomme sortir de sa poche tant de papiers, on se dit "ah bien sûr !"

Hervé28 - Chartres - 52 ans - 22 septembre 2012