Les quatre vies du saule
de Shan Sa

critiqué par Saint-Germain-des-Prés, le 28 juillet 2001
(Liernu - 56 ans)


La note:  étoiles
Des histoires d'amour, de perte et de quête au goût amer
Ce livre se compose de quatre volets, qu’on pourrait appeler nouvelles, qui s'articulent autour d'un élément commun (le saule) et d'un thème commun (la perte, la quête du sens).
L’auteur suit ce fil rouge de siècle en siècle.
L'amour est au centre du livre, mais il est rarement naïf et ingénu.
Comme nous le dit la couverture, « c’est une fable qui a parfois le goût du thé amer ».
La première histoire, ma préférée, se déroule au 15° siècle.
Chong Yang se retrouve orphelin à 18 ans.
Sa famille étant ruinée, il ne possède rien.
Rien, si ce n'est son intelligence et sa persévérance.
Par hasard, il rencontre un jeune homme qui lui présentera sa soeur.
Elle vient vivre avec lui, ils s’aiment, mais rapidement il doit partir pour 6 mois afin de passer divers concours.
Ceux-ci réussis, Chong Yang devient une personnalité politique importante pour le pays.
Il est « contraint » à épouser une autre femme.
Que fera-t-il de son premier amour ?
L’oubliera-t-il ?
Le rejoindra-t-il ?
Trois ou quatre siècles ont passé.
Dans le deuxième récit, nous faisons connaissance avec des jumeaux dès leur cohabitation dans le ventre maternel.
Leur père place tous ses espoirs en Chunyi, le garçon, tandis qu’il délaisse Chunning, la petite fille.
Mais Chunyi ne sera pas à la hauteur.
Chunning par contre se distinguera.
Histoire assez dure à certains moments.
Au centre de la troisième nouvelle, un jeune homme qui s’engage activement dans la Révolution culturelle plus par recherche de lui-même que par conviction politique.
Il rencontre une jeune fille, Saule.
Ils deviennent comme frères et soeurs, se protégeant l'un l’autre.
Quelqu'un trahira notre jeune idéaliste, on apportera de fausses preuves de sa prétendue opposition à la Révolution.
Les traîtres sont parfois attendus, parfois pas...
Pour la quatrième partie, je ne vous dirai rien sinon qu'elle est tout à fait contemporaine, qu’elle se déroule entre ciel et terre et qu’elle a des accents fortement fantastiques.
Elle est également très courte.
Je vous conseille ce livre qui est fort, bien écrit et qui laisse une large place au symbolisme.
Couronne de feuilles. 6 étoiles

Il faut saluer l’effort de recherche en vue de composer les histoires crédibles à différentes époques, à savoir, au quinzième, dix-neuvième, vingtième et vingt et unième siècles.
Toutes empreintes de poésie, elles comportent une relation filiale de premier rang un peu à l’image de la "porte de la paix céleste".
Lorsque l’amour tourne autour d’un arbre les feuilles portées par le vent émettent forcement un peu de du message gravé dans son écorce. Pour m’être documenté sur cette période, la première vie est ma préférée. Par contre, je n’ai pas tout à fait trouvé le lien entre les histoires.

Bertrand-môgendre - ici et là - 68 ans - 23 mars 2014


La poèsie asiatique 5 étoiles

Il s'agit du second livre de Shan Sa que je lis. J'aime beaucoup cette auteure. Son écriture est fluide et très romantique voire nostalgique.
Ce petit livre a été difficile à lire pour moi car trop triste même si l'écriture est très belle.

Mallaig - Montigny les Cormeilles - 47 ans - 8 octobre 2007


Un roman sur la Chine éternelle à savourer... 10 étoiles

Une ode à l’amour ou plutôt aux amours contrariées. On traverse quatre époques de la Chine rencontrant à chaque fois des personnages différents, mais que leurs amours meurtries rapprochent.
La première histoire se passe en l’an 1430. La seconde histoire retrace les amours meurtries de deux jeunes frère et sœur au XVème siècle. La troisième histoire se situe en 1962 en pleine Révolution culturelle. La dernière histoire est de loin la plus courte. Elle conte l’histoire d'une jeune cadre dynamique courtisée par de nombreux hommes et qui se passe à notre époque. Sans doute le plus poétique des quatre récits.
Ce livre est plein de poésie, de tendresse, d’amour mais aussi de cruauté et de tristesse. On y apprend beaucoup sur l’Histoire de la Chine à travers les âges, sur les us et coutumes des Chinois, sur leur manière de penser, leur manière de voir les choses. J’ai trouvé ce livre très enrichissant. La troisième histoire m’a un peu fait penser à « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Dai Sijie. La dernière histoire est de loin la plus poétique. Mais la seconde m’a beaucoup touchée aussi…
Un très beau roman à lire tout doucement, à savourer…

Loutarwen - NANTES - 40 ans - 15 mai 2007


une fresque très joliment écrite 9 étoiles

quatre tableaux, quatre vies. le fil qui les relie est ténu. quel style et quelle écriture ! la symbolique et l'image sont spectaculaires. ce livre est à mes yeux parfaitement représenté par la phrase du vieux mongol: "le destin est un fleuve puissant. laisse-toi emporter et tu embrasseras l'océan."

laissez shan sa vous emmener et vous voyagerez dans la chine impériale et révolutionnaire avec toute la finesse et le raffinement oriental. je suis ressorti de ce livre très ému.

Lanceloz - - 56 ans - 18 juillet 2006


Excellent 10 étoiles

C'est un de mes livres préférés ( d'ailleurs Shan Sa est mon auteur préféré). Elle décrit des scènes d’extrême violence avec une beauté paradoxale (notamment avec l’épisode du suicide de Min). On retrouve une dualité passionnée entre les deux personnages principaux, et une histoire que j'ai adoptée dès les premières lignes ( elle a un style très fluide qui attire le lecteur.), si vous ne l'avez pas lu, je vous le conseille, vous le dévorerez!

Tsukiyo - - 35 ans - 23 février 2006


Un livre différent 8 étoiles

J'ai beaucoup aimé même si au début je ne m'attendais pas du tout à ça. Je n'avais pas compris qu'il s'agissait de 4 nouvelles. Et finalement je me suis laissé convaincre sans vraiment essayer d'être toujours rationnelle. Je me suis laissée entraîner dans l'écriture de Shan Sa (auteur que je découvre). C'est beau et émouvant, parfois triste.
Ma préférée est la première mais j'ai beaucoup aimé aussi la troisième histoire.

Lolita - Bormes les mimosas - 38 ans - 24 novembre 2005