Le travail du Furet
de Jean-Pierre Andrevon

critiqué par Klein, le 17 novembre 2006
( - 58 ans)


La note:  étoiles
Un travail comme un autre
Dans le XXI siècle, la santé de la population s'améliore. Mais la surpopulation guette. Donc le Grand Ordi sort au hasard (quoi que ...) une liste de personnes qui doivent être supprimées. C'est le travail des Furets. Quel travail ! Celui qu'on suit s'inspire des grands classiques de cinéma. Jusqu'au jour où ...
Un roman d'Andrevon très inspiré, une fois de plus. Il nous plonge dans sa vision cauchemardesque d'un futur tout proche. Mais il nous tient en haleine, mélangeant les genres (le cinéma noir et le futur) avec humour. Et talent !
Haletant 8 étoiles

Extrait :
"400 000 citoyens et citoyennes de notre beau pays, tirés au sort chaque année pour être effacés. Tirés au sort de manière rigoureusement démocratique, égalitaire, tout ce qu'on voudra, mille fois vérifiée par des commissions de spécialistes. Rien à dire : ça marche. Oui camarade, ça marche. On laisse les vioques peinards, on laisse les femmes faire des enfants si elles en ont envie, pour ne pas les stresser dans leur pulsions maternelles. Mais au bout, il y a l'effacement, qui peut toucher n'importe qui. N'importe qui, sauf les effaceurs, les contrôleurs : les furets, comme on a fini par nous appeler. Moi, et quatre cents autres assermentés mâles ou femelles qui quadrillons le territoire, et suffisons à contrôler soixante millions de citoyens. 400 000 effacements chaque année, et ça suffit pour que la population reste rigoureusement stable. Sans quoi ce serait l'effondrement économique."

Premier Andrevon, acheté au hasard sur un marché, juste pour le folio SF. Et bien bonne pioche ! Voilà plusieurs mois que je l'ai terminé, mais le seul fait de remettre le nez dedans pour rédiger cette critique, me rappelle ses dialogues croustillants. Il était effectivement bien savoureux ce p'tit bouquin. Une histoire qui va crescendo. Sombre mais drôle, violente sans plus, descriptive puis haletante. Entretenue par un personnage principal à la dérive, qui n'a d'antihéros que la maigre sympathie qu'il suscite puisqu'il est anonyme.

Je relirai du Andrevon. C'est sûr !

Lolo6666 - - 49 ans - 10 avril 2015