Comédie et actes divers
de Samuel Beckett

critiqué par Sahkti, le 22 juin 2006
(Genève - 50 ans)


La note:  étoiles
Beckett et les textes courts
Collection de pièces et textes courts, dont certains destinés à la radio, ce recueil offre, outre le texte, toute la mise en scène se rapportant à chaque représentation. De quoi parfois alourdir un peu la lecture, tant les digressions techniques et les didascalies sont incessantes mais en même temps, ça aide à se créer sa propre pièce de théâtre dans la tête.
Au programme: Comédie, Va et vient, Cascando, Paroles et musique, Dis Joe, Acte sans paroles I, Acte sans paroles II, Film et Souffle.
Le premier texte, qui est aussi le plus long, met en scène en trio, deux femmes et un homme, qui parlent d'eux et des défauts de l'humanité d'une manière quasi surréaliste. C'est vif et enjoué, plein de répartie, ça part dans tous les sens au point parfois de s'y perdre un peu.
On retrouve ici toute la verve de Beckett, sa joie et son regard acéré posé sur le monde. Je ne pense cependant pas qu'il faille commencer par là pour appréhender l'oeuvre de cet incontournable écrivain.
Du théâtre à la télévision 8 étoiles

Une au moins de ces oeuvres a fait l’objet d'une diffusion sur Arte à l’occasion du centenaire de Beckett : Dis Joe, le même soir que Quad et aussi Nacht und Träume – « Nuit et rêves » - publié dans un autre volume) Si Comédie (1963), qui renouvelle le trio du vaudeville mari-femme-maîtresse (en l’enfermant dans des jarres) relève encore du théâtre ; ce n’est pas le cas de Dis Joe (1965), conçu pour la télévision comme un monologue intérieur filmé. La réussite de Dis Joe nécessite une performance extraordinaire du comédien, dont le visage, muet, est filmé en perpétuel gros plan. A noter aussi, dans le même volume : Film (1963), pour la création duquel Beckett avait tenu à s'assurer la participation de Buster Keaton.
Maintenant, pour nos amis lecteurs, je rejoins en partie l'avis de Sahkti : il vaut beaucoup mieux voir jouer ces oeuvres - magnifiques - plutôt que de les lire. Pour débuter dans la lecture de Beckett, il vaut mieux commencer par une fiction brève comme Premier amour, par exemple.

Feint - - 61 ans - 22 juin 2006