Du hérisson
de Éric Chevillard

critiqué par Feint, le 21 mars 2006
( - 59 ans)


La note:  étoiles
L'écrivain aux prises avec l'insaisissable
Après l'étude zoologique ("Palafox") et le récit d'aventures ("Les absences du Capitaine Cook") et avant le conte merveilleux ("Le vaillant petit tailleur") et les carnets de voyage ("Oreille rouge"), Chevillard s'est attaqué à l'autobiographie, avec "Du hérisson". "Attaqué", le mot n'est pas trop fort. Quand Chevillard se lance dans un nouveau livre, c'est un genre entier qu'il prend de front. Chez lui, l'écriture est un affrontement entre l'auteur et la convention littéraire, combat à l'issue duquel émerge pour notre plaisir une nouvelle merveille de cocasserie et d'incongruité. Dans "Du hérisson", peut-être le meilleur livre de l'auteur, un écrivain, habituel héros de tous les derniers Chevillard, entreprend d'écrire son autobiographie au titre prometteur : "Vacuum extractor". Mais un hérisson, incongrument déposé sur sa table, le trouble, on le comprend, et l'empêche de mener à bien son noble projet. C'est une gêne, pour un écrivain, un hérisson sur un bureau : jamais en effet il n'aurait songé y trouvé un sujet aussi insaisissable.