Bijoux des reines et princesses de Belgique
de Christophe Vachaudez

critiqué par VLEROY, le 13 mars 2006
( - 45 ans)


La note:  étoiles
Les bijoux de la Cour
Licensié en histoire de l'art de l'Université Libre de Bruxelles, Christophe Vachaudez a rédigé en 2004 le premier ouvrage consacré aux bijoux des reines et princesses de Belgique.
Très richement illustré, il est le fruit de longues recherches effectuées par l'auteur,car la famille royale n'a pas l'habitude de livrer des informations sur ses bijoux, sujet considéré comme privé et confidentiel.
Du milieu des années 70 jusqu'à 1993, les diadèmes étaient même bannis au palais royal, comme le déplore Christophe Vachaudez : "Pendant de trop longues années,ces bijoux furent relégués dans leur écrin. D'une tristesse affligeante,la vie de Cour était devenue tout simplement inexistante. Sans le charisme incontestable du roi Baudouin et de la reine Fabiola,on aurait presque oublié que la Belgique était une monarchie. Le port du bijou, si intimement lié à la fonction royale,n'est certes pas une obligation ou une priorité,mais il confère à l'institution un lustre inégalable. La Reine se doit donc de montrer l'exemple et un rapide survol de l'écrin de la reine Fabiola indique qu'elle possédait tous les attouts pour remplir ce rôle à la perfection".
Le port du diadème a été restauré par la reine Paola lors des dîners de gala en l'honneur des chefs d'Etat étrangers. Au sein des Cours européennes,elle fait cependant figure de parent pauvre et n'a hérité que de deux diadèmes de diamants des souveraines qui l'ont précédée sur le trône de Belgique. Tous les nombreux autres bijoux des reines Louise-Marie, Marie-Henriette, Elisabeth et Astrid n'appartiennent plus à la famille royale belge...
Pourquoi? Contrairement à d'autres monarchies, il n'existe pas en Belgique de bijoux de la Couronne appartenant à l'Etat et prêtés à la Reine. L'écrin de nos quatre premières reines a été démembré à chaque règne suite à des successions difficiles,des ventes publiques et même des vols!
Dans son testament,la reine Marie-Henriette avait pourtant exprimé le souhait qu'une partie de ses parures soit destinée aux futures souveraines,mais le roi Léopold II ne respecta pas sa volonté... Il est aussi surprenant que la princesse Lilian de Réthy disposait de certains beaux bijoux de la reine Astrid, alors que Joséphine-Charlotte,fille de la défunte,n'a reçu qu'une paire de boucles d'oreilles...
Quant à l'avenir,il est également incertain,comme le fait remarquer l'auteur : "Que deviendront les bijoux de la reine Fabiola? Prendront-ils le chemin de l'Espagne ou resteront-ils en Belgique? S'ils quittent le sol national, la triste tradition de la Cour belge sera respectée, puisque aucun écrin n'est parvenu intact à la génération suivante et ce,depuis la reine Louise-Marie!".
Félicitations à Christophe Vachaudez pour cet important travail de recherche qui n'avait jamais été réalisé depuis 1830.