Sourire du clown (Le), tome 1
de Luc Brunschwig (Scénario), Laurent Hirn (Dessin)

critiqué par Julius, le 2 janvier 2006
( - 49 ans)


La note:  étoiles
les clowns et l'espoir
Une série qui s'annonce intéressante, ce premier tome est troublant, et rappelle fortement les événements qu'a connu la France en Novembre.
Une cité qui bascule ... des affrontemments ... un prêtre inquiétant, un meurtre ...
Pourquoi cette BD m'a attiré, peut-être le clown sur la couverture ... je suis assez fasciné par les clowns, ils m'inspirent l'espoir mais également la peine, la souffrance, c'est assez bizarre. C'est dit dans la BD, quand on n'a plus rien, ce qui peut encore nous rendre digne, c'est l'humour, le dernier rempart avant le néant, avant la bestialité. Certaines institutions, que je nommerai pas, en manquent cruellement. L'humour, indispensable dans toutes situations, avec la dérision et surtout l'auto-dérision. Le clown incarne cette auto-dérision mais en même temps, on sait que derrière le masque, il y a l'humain.
Les traits d'un clown sont figés, l'attitude non, je trouve que ce contraste est saisissant et les grimaces n'y changent rien. Quand le clown est triste, je vois peint sur son visage le monde et son cortège d'injustices et de souffrances. Un clown triste, c'est un enfant malheureux, un enfant malheureux, c'est une injustice, et l'injustice c'est ce qu'il y a de pire pour un enfant. Nous adultes, on a appris à vivre avec l'injustice, alors je continuerai à faire le clown pour montrer à tous ceux qui se prennent au sérieux, qu'il leur manque l'essentiel.

Cette BD me rappelle V pour Vendetta, bien sûr, la seule BD qui me donne des frissons quand je la feuillette, espérons que les tomes
suivants seront à la hauteur de cette bible !
Clowns tristes cherchent espoir désespérément 9 étoiles

1989. Grocko et Clock, deux clowns, ont installé leur roulotte dans la cité des Hauts Vents et passent du temps à distraire le petit Djin, un enfant de la cité. La mère de l’enfant commet alors un geste fou et inexplicable qui traumatise l’enfant, paralysé de la face depuis ce terrible événement : elle abat Grocko d’un coup de revolver. Ce meurtre plonge la cité dans l’horreur et la violence. Même le prêtre de la paroisse, dont la mère de Djinn était la "bonne", est contraint d’abandonner son église. Dix ans plus tard, un nouveau prêtre s’installe dans la cité avec l'intention de la pacifier et de rouvrir le lieu sacré. Etrangement, le jour même de son arrivée, le clown Clock est assassiné à son tour, au cours d’une émeute. La violence atteint alors son paroxysme…Mais qui est donc l’instigateur de tous ces drames qui alimentent la folie populaire ?

Une bande dessinée parue un mois après les émeutes de Clichy-sous-bois en 2005, et donc sans doute réalisée quelques mois auparavant faisant du scénariste un fameux visionnaire. Car il s’agit bien ici d’une cité de banlieue enflammée par le chômage, une certaine forme de ségrégation et par la violence. Les clowns apparaissent alors comme des marchands de sourires et d’espoir que certains voudraient manifestement voir disparaître.

Brunschwig et Hirn signe un album au graphisme superbe et aux couleurs qui semblent être appliquées à l’aquarelle. Les émotions ressenties par les personnages sont extrêmement bien rendues. On a ici 64 planches de pur talent.

Miss teigne - - 40 ans - 6 juin 2008