Blessure du Khan (La)
de Thierry Cailleteau (Scénario), Jacques Terpant (Dessin)

critiqué par Shelton, le 28 décembre 2005
(Chalon-sur-Saône - 68 ans)


La note:  étoiles
Ce peut être d'actualité...
Thierry Cailleteau est un auteur de bandes dessinées né en 1959 qui, aujourd’hui, connaît une certaine notoriété… mais qui est assez récente, somme toute. Car ses véritables succès sont : la reprise d’Aquablue en 1994 et de la série Wayne Shelton – (ça vous dit quelque chose ?) – en 2003… Mais, avant ces reprises brillamment réussies, il y eut pour ce jeune auteur quelques expériences qui méritent notre attention, malgré tout… Je vous propose d’en découvrir une, celle menée en compagnie de Jacques Terpant, en 1990.
Thierry Cailleteau nous offre, dans cette histoire, un scénario qui pourrait bien être très actuel… Un jeune homme de bonne famille, le fils de monsieur Wegbecker, un grand des affaires, le magnat de l’acier alsacien, a disparu… En fait, on sait qu’il est passé par Peshawar (Pakistan)… et depuis l’hôtel Victoria… plus aucune nouvelle !
Son père fait appel à un enquêteur privé, Clovis Barbaroux, non pour mettre sa conscience de papa poule en règle avec je ne sais quel principe moral, mais parce qu’il a besoin d’«un» Wegbecker pour lui hériter… et il n’y en a pas d’autres…
Clovis et son amie Marie – sa meilleure amie, un point c’est tout, que ce soit bien clair entre nous – se mettent en route pour l’Asie et une enquête quelque peu différente des recherches de maîtresses ou autres cocus qui occupent la vie professionnelle des privés en France… Car le Pakistan ne sera que la première étape, il faudra passer en Afghanistan, rejoindre la guérilla, affronter les occupants russes… Et ce David Wegbecker, qu’est-il devenu ? Nos amis vont le retrouver, certes quelque peu différent de son père, car il a épousé, non une femme de là-bas, mais une cause, celle de la résistance à l’occupant…
Je ne vous révèle pas plus les secrets de cette histoire très agréable à lire, pleine de suspense, qui nous renvoie à certains destins actuels qui, eux aussi, se terminent sur un champ de bataille très loin de la France métropolitaine, au nom d’Allah…
Cette histoire contient aussi de bien belles histoires d’amour, des destins croisés, des grandes causes, et de très beaux paysages…
Le dessin de Jacques Terpant est très adapté à ce genre d’histoire même si par la suite ce n’est pas le style qu’il a développé…
Bref, ce n’était, peut-être, qu’une étape dans deux carrières, mais je ne voudrais pas qu’un tel album reste oublié à tout jamais… Moi, j’ai aimé et je vous souhaite une bonne lecture, à vous, à ceux qui oseront sortir un tel titre de la poussière…