Challah la danse de Dalya Daoud

Challah la danse de Dalya Daoud

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Bafie, le 1 avril 2025 (Inscrite le 19 juillet 2004, 63 ans)
La note : 8 étoiles
Visites : 84 

Chroniques du lotissement

Sélection Prix Première RTBF

Si j’avais dû titrer ce roman, il se serait sans doute intitulé « Chronique du lotissement »

L’auteur nous conte en fait la vie d’un lotissement et de ses habitants du début des années 80- avec un p’tit retour historique sur les années 60 - jusque fin des années 90.

C’est vivant, léger-en apparence, du moins- cela relate le charme, la relative tranquillité d’un village dans la banlieue nord de Lyon.

La cité a été bâtie par le patron de l’usine locale de textile, elle habite des familles d’ouvriers de l’usine et mêle maghrébins et autochtones.

Il y règne des parfums d’ailleurs.

On y retrouve des tensions, des inimitiés entre marocains, algériens… chacun surveille l’autre de peur que l’enfant du voisin ne puisse , par son comportement , attirer un jugement négatif sur le lotissement.

Le lieu est en marge du village, la vie aussi l’est un peu, hélas.

La galerie de personnages est truculente, pourrait-on imaginer que Dalya Daoud est le pendant en banlieue lyonnaise de notre Arthur Masson ?

Chaque famille a ses règles, ses codes, selon ses origines, son histoire, l’évolution de ses membres.

Les relations entre le lotissement et le Village restent circonspectes, comme emmêlées d’une mise à distance de la différence.

La vie est rythmée par les fêtes, les matchs de foot, les concerts au Village qui rassemblent les deux populations en liesse.

Le concert de Goldman s’est déroulé à Bessenay, village des hauts lyonnais.

Et cela tient en équilibre.

Mais il suffit de peu pour faire basculer un équilibre : un nouveau venu peut faire basculer la donne pour peu qu’il soit influent ou charismatique ou simplement qu’il ait affaire à plus faible que lui.

Il y a aussi la fermeture de l’usine, l’oisiveté, la honte qu’elle engendre chez certains parents et leurs répercussions sur les enfants et sur l’équilibre de la vie familiale. On verra quand même Lalla choisir d’aller travailler à l’auberge locale !

Ces faits signent la fin d’une époque.

Le ton reste toujours positif, optimiste, et pourtant, entre les mots, on peut deviner une réalité pas toujours belle ou facile à vivre.

Ainsi les voitures sont omniprésentes dans le récit car, par ailleurs il n’y a ni bus ni train dans le Village.

Merci et bravo à Dalya Daoud pour son regard sur ces communautés.

La fiction permet d’ouvrir à une autre réalité en puisant au creux du quotidien.

Lors de sa lecture, j’ai repensé à « Eclats de silence » d’Omar Hallouche, on y retrouve, les mêmes protagonistes de la même région. Le ton de cet écrit était bien plus noir.

Le roman de madame Daoud se referme sur une inconnue.

Est-ce une manière de clore sur la fin de l’innocence ?

Les heures qui suivent ces chapitres se sont-elles révélées plus dures, plus noires ?

La lecture nous a rendus familiers des protagonistes et je rêve pour eux de lendemains qui chantent, que racontera madame Daoud si elle écrit les années suivantes ?

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